Focus sur les façades en plâtres

Un rapide focus sur les façades des immeubles en plâtre, sources de nombreuses interrogations, notamment en cas de ravalement

Quelle est l’origine des façades d’immeuble en plâtre ?

Le plâtre est issu du minerai de gypse, très présent dans le bassin parisien et en Provence. On trouve principalement des façades en plâtre à Paris et l’Ile-de-France, ainsi que dans quelques villes de province (Rouen, Vichy, Aix-en-Provence). On doit l’apogée de l’utilisation des façades en plâtre au roi Louis XIV : au XVIème siècle, un grand incendie londonien ravage en effet la ville dont les constructions sont en bois. Louis XIV, inquiet que le même incident puisse se produire sur Paris, ordonne de trouver une solution efficace pour limiter la propagation du feu dans la ville. Le plâtre ayant une excellente résistance au feu, l’habillage des façades par enduit de plâtre sur les structures en bois se répand alors rapidement.

Si les premiers plâtres sont encore fabriqués de manière artisanale – on agrémente le produit de diverses impuretés (cailloux, terre, sable, bois de cuisson du plâtre – l’industrialisation ne tarde pas et va permettre d’obtenir du plâtre pur : ce dernier n’a plus les mêmes qualités de résistance mécanique ni de résistance aux eaux pluviales, et occasionne une altération prématurée des façades. Les industriels inventent alors un nouvel enduit : le MPC (Mortier Plâtre Chaux). Cette association de gros plâtre, chaux, sable et eau, permet d’obtenir un enduit aux qualités optimum pour un usage extérieur (rapports dureté/souplesse/cohésion/résistance à l’eau).

A quoi sont dus les désordres parfois observés ?

Les désordres que l’on peut observer sur les façades plâtres résultent de la méconnaissance des règles du DTU : ces fautes techniques entrainent des fissures/lézardes, des soulèvements ou éclats spectaculaires des enduits type sels de Candlot, des enduits gorgés d’eau, des décollements ou cloquage de peintures..

Pour remédier à ces désordres, il convient de mettre en application les deux techniques règlementaires lesquelles font l’objet de garanties par l’assurance dommage-ouvrage.

1- La façade présente des désordres limités affectant moins de 40% de sa surface (fissures ou éclats) :

Un piochage partiel des parties abîmées doit être entrepris, puis des reprises doivent être effectuées à l’aide d’un mortier de plâtre MPC formulé conformément au DTU 26.1. Il sera ensuite mis en œuvre un revêtement d’imperméabilité de façade de classe I3 ou I4, conforme au DTU 42.1 (Travaux d’imperméabilité de la façade). Ces types de revêtements sont souples et résistent à la fissuration du support ancien dans les zones où ce dernier aura été conservé. Par ailleurs, ces revêtements sont étanches à l’eau dans sa forme liquide (ruissellement des eaux pluviales), mais perméables à l’eau sous sa forme gazeuse (vapeur d’eau). Ils peuvent présenter une apparence « minérale », mate et lisse, ce qui permet de conserver l’authenticité d’origine des bâtiments parisiens. La garantie décennale s’applique ici sur la protection du parement par l’évitement de la pénétration de l’eau.

2- La façade présente des désordres qui affectent plus de 40%, ou bien le maitre d’œuvre (architecte) ne souhaite pas l’application d’un revêtement d’imperméabilité : il convient alors de procéder au piochage complet du plâtre existant. Les structures en bois sont alors révisées, et les réparations ad hoc effectuées à l’aide du mortier de plâtre évoqué précédemment. On appliquera ensuite un revêtement décoratif après séchage complet des reprises – au minimum 1 mois – (peinture classique, peinture minérale..).

Attention, ces revêtements uniquement décoratif ne font l’objet d’aucune garantie décennale, mais bénéficient de la biennale de fonctionnement. La conformité est ici régie par le DTU 59.1 (« Travaux de peinture », de juin 2013). En outre, le DTU commande de s’intéresser aux points singuliers de la construction, et de prévoir la protection de la façade : création de bandeaux, pose de bavette à double engravure, bavettes avec relevés latéraux en appuis de baies et révision des étanchéités de la toiture et ses accessoires.

Comment savoir quel est le type de ravalement de façade à effectuer ?

Sans surprise, c’est un maitre d’œuvre qui saura vous orienter vers le type de ravalement – partiel ou complet – de façade à entreprendre. C’est aussi son rôle d’établir un cahier des charges conforme aux DTU en vigueur, et de soumettre ensuite ce cahier des charges à plusieurs entreprises, vous permettant d’en choisir une lors de l’assemblée générale, par le biais de cette mise en concurrence. La mise en place d’un échafaudage peut conduire à un cout relativement élevé des travaux. Attention à ne pas oublier non plus les honoraires du maitre d’œuvre, du syndic, et le coût de l’assurance dommage-ouvrage.

Sources : G.P.P.F, Groupement des professionnels de la peinture et de la finition, lettre d’information n°56 – Nov/Déc. 2015

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